08-10-2013

Cette année, la ville de Nantes a accueilli la conférence Ecocity 2013 afin de présenter à quelque 2 000 participants des idées et des projets concrets pour une ville durable. Trois présentations se sont démarquées de par la nature des projets et les idées qu’elles mettaient de l’avant.

La Cathédrale Verte

Projet montréalais véritablement avant-gardiste, la Cathédrale Verte propose de transformer l’Incinérateur des Carrières, situé dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite Patrie, en usine de production de bioéthanol, tout en connectant les parcs Père-Marquette et Laurier à l’aide d’une passerelle cycliste et piétonne. Par le fait même, le recyclage de bâtiments urbains, le retissage de communautés séparées, la mise en valeur de l’histoire du secteur et l’implantation de nouvelles technologies durables sont envisagés, tout en favorisant l’implication de citoyens et résidants du quartier. Nicolas Vézeau, co-fondateur du projet a rappelé des points essentiels à la mise en œuvre d’une telle entreprise : le respect de l’histoire du secteur, la réindustrialisation du centre-ville, l’alignement du projet avec les objectifs des acteurs locaux, l’inclusion des partenaires, la participation des citoyens, et surtout la prise en compte de l’hiver.

Vitoria-Gasteiz

Capitale du Pays Basque, en Espagne, la ville de  Vitoria-Gasteiz a été nommée « Capitale Verte » de l’Europe en 2012. En effet, la ville a adopté une approche draconienne au développement urbain en limitant sa croissance aux zones déjà urbanisées. Pour ce faire, elle entreprend d’augmenter la densité des nouvelles zones urbaines et de restaurer le quartier médiéval. Par ailleurs, elle se donne comme objectif final d’inclure la nature au cœur de la ville.

Le cas de Vitoria-Gasteiz est particulièrement intéressant puisque les défis auxquels la ville fait face ne lui sont pas propres. En effet, la participation citoyenne a été un enjeu sensible dans l’élaboration du plan d’urbanisme, surtout en ce qui a trait à la densification des nouveaux quartiers. Un problème que plusieurs villes connaissent, comme nous avons pu en témoigner à Montréal dans le cadre du PMAD. À travers un processus rigoureux de négociation, la société civile a pu déterminer les lieux les plus aptes à recevoir une densité accrue. La population est désormais en faveur du développement puisqu’elle entrevoit les gains en transport et en services qui y sont rattachés.

Quartiers informels

Contrairement à la croyance populaire, les quartiers informels sont beaucoup plus proches des principes de développement durable que ce que l’on peut croire. C’est ce qu’a démontré Heba Allah Khalil, chercheuse à l’Université du Caire, en présentant ses résultats de recherche sur les quartiers informels d’Égypte.

Avec une forte densité, ces quartiers regorgent de culture locale, s’adaptent aux particularités environnementales de la région, sont souvent des zones piétonnes ou favorables aux piétons, se retrouvent pour la plupart à proximité de la nature et proposent une mixité d’usages exemplaire. Par ailleurs, le développement est géré par la communauté pour répondre à ses propres besoins et correspond à l’approche ascendante (bottom-up approach) par excellence. Cependant, ces quartiers manquent d’espaces publics, sont peu accessibles et sont mal desservis. L’importance d’une intervention gouvernementale est donc évidente, bien que celle-ci doive être sensible au milieu afin de ne pas éliminer les aspects informels favorables au quartier.

2 commentaires:

  1. Pierre Paquin
    24 octobre 2013 à 10:05 min

    Je vous recommande un ouvrage éclairant sur les Quartiers Informels du Caire et d’Égypte par Hassan Fathy, architecte du patrimoine : “Construire avec le peuple” chez Actes Sud. Un commentaire sur la pertinence des architectures traditionnelles pour répondre aux contraintes de climat et de vie sans mettre en branle la totale de nos solutions technologiques énergivores. Intéressant aussi pour le récit de l’épopée d’un architecte qui tente de sauver ce savoir faire.


  2. Convercité | Ecocity 2013 : trois projet...
    13 novembre 2013 à 06:37 min

    […]   […]


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