23-04-2013

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Dans le cadre du congrès de l’Association des architectes paysagistes du Québec, un panel réunissant plusieurs personnes spécialisées ou intéressées par l’agriculture urbaine s’est questionné sur l’avenir de cette activité en ville.

Si les bienfaits de l’agriculture urbaine ont amplement été décrits au cours des dernières années (sécurité alimentaire, réduction des îlots de chaleur urbains, réduction de l’empreinte écologique, captation des eaux, etc.), il n’en reste pas moins que sa mise en œuvre soulève des questions importantes et qu’une réflexion est nécessaire. Voici 10 choses à retenir à ce sujet.

1. Une définition à revoir. Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ? Même les professionnels du domaine ont du mal à s’entendre sur la chose. Présentement, au niveau provincial, la définition demeure standard et englobe principalement l’agriculture conventionnelle sans prendre en compte l’usage en ville. Une définition commune est importante pour ne pas tomber dans la condamnation morale qui pourrait effacer tous les efforts faits dans le domaine.

2. Un usage comme un autre. L’agriculture urbaine n’est pas seulement une activité ludique et éducative. C’est une nouvelle façon de voir l’espace en ville et d’utiliser le sol de manière efficace et pour le bien de la collectivité. À ce propos, l’agriculture urbaine doit être considérée comme un usage du sol, au même titre que l’usage résidentiel ou commercial, par exemple.

3. Un défi de communication. Malgré ses nombreux bienfaits, l’agriculture urbaine souffre d’une image teintée de « mignon » que plusieurs ne prennent pas au sérieux. Nous nous devons de changer cette image en sensibilisant le grand public à l’activité et en montrant ce qui se fait ici et ailleurs dans le domaine.

4. Fiscalité : Les municipalités sont victimes d’un système de financement qui est souvent contradictoire pour leurs projets. Les citoyens qui souhaitent pratiquer l’agriculture en ville se voient taxés beaucoup plus que leurs homologues en milieu rural étant donné leur rendement bas qui n’est pas assez suffisant pour être considéré comme “agricole” par le gouvernement. Des subventions pourraient aider ceux qui souhaitent explorer cet usage en milieu urbain. Il faudrait cependant être attentif à ce que les subventions ne soient pas seulement octroyées aux mieux nantis pour faire des améliorations locatives à leur logement.

5. Changement de paradigme. Pour bien intégrer l’agriculture urbaine à la ville, il faut changer la façon dont la ville est développée. À Montréal, par exemple, la ville se base sur un plan de développement et non de bien-être. Les priorités s’en trouvent donc transformées. Un changement de valeurs est nécessaire.

6. Attention au zèle. L’essence même de l’agriculture urbaine est de remettre l’humain en contact avec la nourriture. Il est évident qu’elle ne peut pas être la seule source de nourriture en  ville et que l’agriculture de masse reste nécessaire. Il faut donc faire attention aux projets qui proposent une agriculture urbaine de masse, par exemple en suggérant de retrouver des usages agricoles à chaque étage d’une tour. Cela effacerait le lien entre l’humain et sa nourriture et irait à l’encontre des valeurs de l’agriculture urbaine.

7. Un volet touristique important. L’agriculture urbaine s’inscrit dans un volet touristique qui prend des tournures importantes à Montréal. La ville est reconnue pour ses nombreuses initiatives et a le potentiel de devenir une destination incontournable dans le domaine. Déjà, des institutions touristiques ont compris l’attrait que cela peut avoir. L’hôtel Fairmount le Reine Élizabeth s’est créé un toit vert et utilise les légumes cultivés dans son restaurant.

8. Le bon arbre au bon endroit. Agriculture urbaine et espace public font bon ménage si les bons végétaux sont plantés au bon endroit. Les arbres fruitiers plantés là où les gens s’arrêtent peu et où les fruits ne seront pas récoltés créeront tout simplement des problèmes d’odeur et d’hygiène.

9. Miser sur le multi-usage. Au lieu de se borner à définir certains espaces comme monofonctionnels (pensons aux grands parcs ou parcs régionaux), pourquoi ne pourrait-il pas y avoir la possibilité d’y faire du multi-usage en incluant l’usage agricole ? Cela ouvre la porte à la possibilité de confier la gestion des espaces verts à des agriculteurs, ce qui réduirait les coûts pour la municipalité et les citoyens et créerait des liens entre l’urbain et le rural.

 10. Ne pas oublier les erreurs. L’agriculture a quitté le milieu urbain pour de nombreuses raisons : problèmes d’odeurs, d’hygiène, d’esthétisme saisonnier, etc. Alors que nous sommes en train de penser à comment réintroduire l’activité en ville, il ne faut pas oublier ce qui dérangeait auparavant.

6 commentaires:

  1. 10 réflexions sur l’agriculture urbaine suite au congrès de l’AAPQ | Ismael Hautecoeur
    26 avril 2013 à 12:39 min

    [...] urbaine lors du congrès de l’AAPQ samedi dernier. Pour en savoir plus, visitez le site de Conversité.  Bonne lecture [...]


  2. Agriculture urbaine | En transition
    29 avril 2013 à 09:18 min

    [...] Le congrès de l’AAPQ (association des architectes paysagistes du Québec) avait lieu la semaine passé. Dans le cadre de cet événement, différentes personnes oeuvrant dans le domaine de l’agriculture urbaine ont discuté de l’avenir de cette forme d’utilisation de l’espace urbain. Voici un texte résumant les propos tenus sur le sujet: 10 réflexions sur l’agriculture urbaine  [...]


  3. [Article] Convercité | 10 réflexi...
    03 mai 2013 à 16:24 min

    [...] Dans le cadre du congrès de l’Association des architectes paysagistes du Québec, un panel réunissant plusieurs personnes spécialisées ou intéressées par l’agriculture urbaine s’est questionné sur l’avenir de cette activité en ville.Si les bienfaits de l’agriculture urbaine ont amplement été décrits au cours des dernières années (sécurité alimentaire, réduction des îlots de chaleur urbains, réduction de l’empreinte écologique, captation des eaux, etc.), il n’en reste pas moins que sa mise en œuvre soulève des questions importantes et qu’une réflexion est nécessaire. Voici 10 choses à retenir à ce sujet.1. Une définition à revoir2. Un usage comme un autre3. Un défi de communication4. Fiscalité 5. Changement de paradigme6. Attention au zèle7. Un volet touristique important8. Le bon arbre au bon endroit9. Miser sur le multi-usage10. Ne pas oublier les erreurs  [...]


  4. Josée Belleau
    28 mai 2013 à 12:08 min

    L’agriculture urbaine montréalaise est multifonctionnelle et dynamique. Je vous invite à consulter http://www.agriculturemontreal.com pour en avoir un bon aperçu.


  5. 10 réflexions sur l’agriculture ur...
    09 juin 2013 à 18:13 min

    [...] Dans le cadre du congrès de l’Association des architectes paysagistes du Québec, un panel réunissant plusieurs personnes spécialisées ou intéressées par l’agriculture urbaine s’est questionné sur l’avenir de cette activité en ville.Si les bienfaits de l’agriculture urbaine ont amplement été décrits au cours des dernières années (sécurité alimentaire, réduction des îlots de chaleur urbains, réduction de l’empreinte écologique, captation des eaux, etc.), il n’en reste pas moins que sa mise en œuvre soulève des questions importantes et qu’une réflexion est nécessaire. Voici 10 choses à retenir à ce sujet. 1. Une définition à revoir. Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ? Même les professionnels du domaine ont du mal à s’entendre sur la chose. Présentement, au niveau provincial, la définition demeure standard et englobe principalement l’agriculture conventionnelle sans prendre en compte l’usage en ville. Une définition commune est importante pour ne pas tomber dans la condamnation morale qui pourrait effacer tous les efforts faits dans le domaine. 2. Un usage comme un autre. L’agriculture urbaine n’est pas seulement une activité ludique et éducative. C’est une nouvelle façon de voir l’espace en ville et d’utiliser le sol de manière efficace et pour le bien de la collectivité. À ce propos, l’agriculture urbaine doit être considérée comme un usage du sol, au même titre que l’usage résidentiel ou commercial, par exemple. 3. Un défi de communication. Malgré ses nombreux bienfaits, l’agriculture urbaine souffre d’une image teintée de « mignon » que plusieurs ne prennent pas au sérieux. Nous nous devons de changer cette image en sensibilisant le grand public à l’activité et en montrant ce qui se fait ici et ailleurs dans le domaine. 4. Fiscalité : Les municipalités sont victimes d’un système de financement qui est souvent contradictoire pour leurs projets. Les citoyens qui souhaitent pratiquer l’agriculture en ville se voient taxés beaucoup plus que leurs homologues en milieu rural étant donné leur rendement bas qui n’est pas assez suffisant pour être considéré comme « agricole » par le gouvernement. Des subventions pourraient aider ceux qui souhaitent explorer cet usage en milieu urbain. Il faudrait cependant être attentif à ce que les subventions ne soient pas seulement octroyées aux mieux nantis pour faire des améliorations locatives à leur logement. 5. Changement de paradigme. Pour bien intégrer l’agriculture urbaine à la ville, il faut changer la façon dont la ville est développée. À Montréal, par exemple, la ville se base sur un plan de développement et non de bien-être. Les priorités s’en trouvent donc transformées. Un changement de valeurs est nécessaire. 6. Attention au zèle. L’essence même de l’agriculture urbaine est de remettre l’humain en contact avec la nourriture. Il est évident qu’elle ne peut pas être la seule source de nourriture en ville et que l’agriculture de masse reste nécessaire. Il faut donc faire attention aux projets qui proposent une agriculture urbaine de masse, par exemple en suggérant de retrouver des usages agricoles à chaque étage d’une tour. Cela effacerait le lien entre l’humain et sa nourriture et irait à l’encontre des valeurs de l’agriculture urbaine. 7. Un volet touristique important. L’agriculture urbaine s’inscrit dans un volet touristique qui prend des tournures importantes à Montréal. La ville est reconnue pour ses nombreuses initiatives et a le potentiel de devenir une destination incontournable dans le domaine. Déjà, des institutions touristiques ont compris l’attrait que cela peut avoir. L’hôtel Fairmount le Reine Élizabeth s’est créé un toit vert et utilise les légumes cultivés dans son restaurant. 8. Le bon arbre au bon endroit. Agriculture urbaine et espace public font bon ménage si les bons végétaux sont plantés au bon endroit. Les arbres fruitiers plantés là où les gens s’arrêtent peu et où les fruits ne seront pas récoltés créeront tout simplement des problèmes d’odeur et d’hygiène. 9. Miser sur le multi-usage. Au lieu de se borner à définir certains espaces comme monofonctionnels (pensons aux grands parcs ou parcs régionaux), pourquoi ne pourrait-il pas y avoir la possibilité d’y faire du multi-usage en incluant l’usage agricole ? Cela ouvre la porte à la possibilité de confier la gestion des espaces verts à des agriculteurs, ce qui réduirait les coûts pour la municipalité et les citoyens et créerait des liens entre l’urbain et le rural. 10. Ne pas oublier les erreurs. L’agriculture a quitté le milieu urbain pour de nombreuses raisons : problèmes d’odeurs, d’hygiène, d’esthétisme saisonnier, etc. Alors que nous sommes en train de penser à comment réintroduire l’activité en ville, il ne faut pas oublier ce qui dérangeait auparavant.  [...]


  6. Convercité | 10 réflexions sur l&...
    21 juin 2013 à 11:05 min

    [...] Dans le cadre du congrès de l’Association des architectes paysagistes du Québec, un panel réunissant plusieurs personnes spécialisées ou intéressées par l’agriculture urbaine s’est questionné sur l’avenir de cette activité en ville.  [...]


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